
On peut connaître une ligue par cœur et perdre quand même, simplement parce que la mise n’est pas calibrée. La bankroll n’est pas un chiffre décoratif : c’est le garde-fou qui transforme des intuitions en résultats mesurables. Voici une méthode simple, testable en 30 jours, pour parier sans exploser en plein vol.
1) Fixez votre capital de jeu (vraiment séparé)
La bankroll est l’argent que vous pouvez perdre sans impacter votre vie courante. Ouvrez un compte dédié ou un sous-compte, déposez un montant fixe (ex. 400 €, 800 €, 2 000 €) et oubliez l’idée d’« ajouter si ça se passe mal ». Ce cadre vous forcera à respecter les tailles de mise et limitera le tilt.
- Montant cohérent avec votre horizon (3 à 6 mois).
- Rechargement interdit pendant le test, retrait interdit sauf objectif atteint.
- Un simple tableur pour tracer chaque pari suffit.
2) Définissez votre unité de mise
L’unité est le pourcentage fixe de votre bankroll risqué par pari. La plupart des parieurs durables se situent entre 0,5 % et 2 %.
| Taille de bankroll | Unité (flat) | Nombre de mises simultanées conseillé |
|---|---|---|
| 200 € | 1 € (0,5 %) | 4 à 6 |
| 800 € | 12 € (1,5 %) | 6 à 10 |
| 2 000 € | 20–30 € (1–1,5 %) | 8 à 12 |
Vous gagnez en lisibilité : en un clin d’œil, vous savez combien placer sans réfléchir à chaque fois. C’est la base de l’anti-tilt.
3) Choisissez une méthode de sizing
Option A — Flat betting
Même mise à chaque pari, quelles que soient la cote et votre confiance. C’est la méthode la plus simple, et la plus robuste si vos estimations varient encore beaucoup.
Option B — Kelly fractionné
Vous adaptez la mise à l’avantage estimé. Exemple rapide : cote 2,10 (b = 1,10) et proba estimée 52 % (p = 0,52). Kelly complet : f* = (b·p − (1 − p)) / b ≈ (1,10×0,52 − 0,48) / 1,10 ≈ 8,4 % de la bankroll. C’est trop agressif pour la plupart ; d’où Kelly 25–33 % (ici ≈ 2–3 %). Réservé à ceux qui savent estimer des probabilités avec un historique solide.
Si vous hésitez, partez en flat. Vous pourrez passer à Kelly fractionné après 200–300 paris tracés.
4) Exemple chiffré (et pourquoi la variance n’est pas un drame)
Bankroll : 800 €. Unité : 1,5 % = 12 €. Vous placez 10 paris sur une semaine, cotes moyennes 1,95. Vous en gagnez 5, perdez 5. Gain attendu ≈ 5×(12×0,95) − 5×12 = 57 − 60 = −3 €. Zéro catastrophe : une semaine « neutre » n’engloutit pas la saison. Avec une petite edge (52 % de réussite à 1,95), la même série donne ≈ +12 €. La clé : survivre à la variance pour laisser l’avantage faire son travail.
5) Règles anti-tilt (à coller au-dessus de l’écran)
- Stop-loss quotidien : 3 unités. Stop-win : 5 unités. Une fois atteint, on coupe.
- Interdit de doubler la mise « pour se refaire ».
- Pas de combinés à rallonge : ils gonflent la variance sans améliorer l’edge.
- Préparez vos paris la veille : l’impulsivité adore le direct.
- Notez la logique de chaque pari en une phrase : si vous ne pouvez pas l’écrire, ne pariez pas.
6) Mesurez ce qui compte
- ROI = (Bénéfice net / Mise totale) × 100. Suivez-le par sport et par marché.
- CLV (Closing Line Value) : comparez vos cotes prises à la cote de clôture. Si vous battez souvent la fermeture, votre process est bon, même avec une courte période négative.
- Taille moyenne de mise stable : des écarts soudains = tilt potentiel.
7) Où appliquer tout cela, concrètement ?
Choisissez une plateforme avec cotes stables, marchés variés et historique clair. Les fonctionnalités de suivi, les paris en direct bien encadrés et des limites de mise ajustables vous aident à appliquer vos règles sans friction. Pour tester votre routine en conditions réelles, vous pouvez ouvrir un compte sur Stake bet et démarrer un challenge de 30 jours : une unité fixe, un journal propre, et un débrief hebdomadaire.
8) Ressource vidéo
Une vidéo utile pour visualiser la variance et le sizing :
Plan d’action en 7 jours
- Jour 1 : fixez la bankroll et l’unité. Préparez le tableur (date, sport, marché, cote, mise, résultat, commentaire).
- Jour 2 : définissez vos règles anti-tilt. Écrivez-les.
- Jour 3 : sélectionnez 3 marchés maîtrisés (ex. over/under, handicaps asiatiques, buteurs).
- Jour 4–5 : prenez 4–6 paris en flat, en expliquant chaque choix en une phrase.
- Jour 6 : calculez le ROI provisoire et la différence avec les cotes de clôture.
- Jour 7 : ajustez : gardez les marchés où vous battez la fermeture, droppez le reste.
À retenir
Une bankroll séparée, une unité fixe, quelques règles anti-tilt et un suivi honnête valent mieux que n’importe quel « tip magique ». Le but n’est pas de gagner tous les jours : c’est d’additionner des petits avantages, longtemps. Testez la méthode 200 paris. Si vos chiffres progressent et que votre tête reste froide, vous êtes sur la bonne route.






